L'Étranger

Albert Camus

Année de publication : 1942

Un homme ne pleure pas à l'enterrement de sa mère. Quelques jours plus tard, il tue un homme sur une plage. La société le condamnera davantage pour le premier fait que pour le second.

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Tu te sens parfois décalé par rapport aux émotions « normales » que la société attend de toi, ou si tu veux comprendre l'absurde en moins de 200 pages.

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Tu as besoin de t'attacher émotionnellement au protagoniste. Meursault est volontairement distant, et ça peut être frustrant si tu cherches de l'empathie.

79 L'Étranger

De quoi ça parle ?

Meursault, employé de bureau à Alger, apprend la mort de sa mère et assiste à l'enterrement sans verser une larme. Le lendemain, il retrouve sa vie ordinaire : il nage, va au cinéma, commence une relation avec Marie. Puis, un après-midi écrasé de soleil sur une plage, il tue un Arabe — presque par hasard, « à cause du soleil ». Au procès, c'est moins le meurtre qui choque que son indifférence : on le condamne à mort parce qu'il n'a pas pleuré à l'enterrement de sa mère.

Pourquoi le lire ?

L'absurde au quotidien

Camus montre un monde sans sens préétabli. Ce n'est pas déprimant : c'est une invitation à créer son propre sens, en toute lucidité.

Le procès de la différence

Meursault n'est pas condamné pour ce qu'il a fait, mais pour ce qu'il est. La société punit celui qui refuse de jouer la comédie sociale.

La vérité radicale

Meursault refuse de mentir, même pour se sauver. Cette honnêteté brutale est à la fois sa force philosophique et sa faiblesse sociale.

Les idées qui restent

« Aujourd'hui, maman est morte »

La première phrase du roman, d'une neutralité glaçante, pose immédiatement le décalage de Meursault avec les attentes du monde.

« À cause du soleil »

L'explication absurde du meurtre. Ce n'est ni la haine ni la colère qui pousse Meursault à tirer, mais une sensation physique écrasante — et c'est ce qui dérange.

Le refus de l'aumônier

Dans sa cellule, Meursault rejette violemment le prêtre qui veut le consoler. Il préfère affronter la mort sans les béquilles de la foi — nu face à l'absurde.