La Montagne magique

Thomas Mann

Année de publication : 1924

Un jeune ingénieur monte rendre visite à son cousin dans un sanatorium alpin pour trois semaines. Il y restera sept ans. Le temps s'arrête, les idées s'affrontent, et la montagne ne laisse repartir personne indemne.

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Tu aimes les romans où les personnages débattent d'idées pendant des centaines de pages, ou si la notion de temps qui se dilate et perd son sens te fascine.

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Tu as besoin d'action et de rebondissements. Ici, il ne se passe presque rien — et c'est précisément le sujet du livre. La lenteur est voulue, assumée, radicale.

81 La Montagne magique

De quoi ça parle ?

Hans Castorp, jeune ingénieur hambourgeois sans qualités particulières, monte au sanatorium Berghof à Davos pour une visite de trois semaines à son cousin Joachim, atteint de tuberculose. Mais une légère fièvre le retient, puis une autre, puis le diagnostic tombe. Les jours deviennent des mois, les mois des années. Dans l'air raréfié de la montagne, Hans rencontre Settembrini l'humaniste et Naphta le jésuite, qui se livrent des duels intellectuels sur le progrès, la liberté et la mort. Il tombe amoureux de Clawdia Chauchat, femme insaisissable aux yeux de Kirghize. Sept ans passent sans qu'il s'en aperçoive. C'est la Première Guerre mondiale qui le fera redescendre dans la plaine.

Pourquoi le lire ?

Le temps comme illusion

Mann démontre que le temps ne se mesure pas en heures mais en expériences. Au sanatorium, les journées se ressemblent tant que des années passent comme des semaines — et le lecteur le ressent physiquement.

Le duel des idéologies

Settembrini défend la raison et le progrès, Naphta le mysticisme et l'autorité. Leur affrontement préfigure les déchirements idéologiques du XXe siècle avec une lucidité troublante.

La maladie comme révélateur

La tuberculose n'est pas qu'une pathologie : elle libère Hans des conventions bourgeoises et lui ouvre l'accès à des questions qu'il n'aurait jamais posées en bonne santé. La fièvre comme porte vers la connaissance.

Les idées qui restent

La nuit de Walpurgis

Hans déclare son amour à Clawdia Chauchat en français, comme si changer de langue lui permettait de dire ce que l'allemand rendrait trop réel. L'aveu le plus élégant de la littérature.

Le chapitre « Neige »

Perdu dans une tempête de neige, Hans a une vision hallucinatoire qui résume toute la philosophie du roman : la beauté et l'horreur coexistent, et l'homme doit se tenir debout entre les deux.

Le coup de tonnerre final

La guerre de 1914 éclate et arrache Hans à la montagne. Sept ans de réflexion balayés en quelques lignes. Mann montre que l'Histoire se moque des illuminations individuelles.