Le Nom de la rose

Umberto Eco

Année de publication : 1980

Un moine franciscain enquête sur des meurtres dans une abbaye médiévale. L'arme du crime ? Un livre interdit d'Aristote — car dans cet univers, le savoir tue plus sûrement que le poison.

Roman policierHistoriquePhilosophieMoyen ÂgeLittérature italienne
Lire si

Tu aimes les enquêtes cérébrales où chaque indice cache un symbole, ou si l'idée d'un thriller intellectuel dans un labyrinthe de manuscrits médiévaux te fait saliver.

Passer si

Tu veux un polar nerveux qui avance vite. Eco fait de longues digressions sur la théologie, la sémiotique et les querelles entre franciscains et dominicains — c'est le prix du génie.

84 Le Nom de la rose

De quoi ça parle ?

En 1327, le franciscain Guillaume de Baskerville et son jeune novice Adso de Melk arrivent dans une abbaye bénédictine du nord de l'Italie pour préparer un débat théologique. Mais un moine vient de mourir dans des circonstances suspectes, et d'autres suivront — un par jour, selon un schéma qui semble calqué sur l'Apocalypse. Guillaume mène l'enquête avec une logique implacable, remontant la piste jusqu'à la bibliothèque labyrinthique de l'abbaye et son secret le mieux gardé : le deuxième livre de la Poétique d'Aristote, consacré au rire. Le vieux moine aveugle Jorge, gardien fanatique de l'orthodoxie, a empoisonné les pages du manuscrit pour empêcher quiconque de le lire. Quand il est démasqué, Jorge préfère détruire la bibliothèque entière plutôt que de laisser le rire triompher de la peur.

Pourquoi le lire ?

Le rire contre la peur

Jorge tue pour empêcher la diffusion d'un texte sur le rire. Son raisonnement : si les hommes cessent d'avoir peur, l'Église perd son pouvoir. Le roman pose une question vertigineuse sur le lien entre humour et liberté.

Le détective médiéval

Guillaume applique la méthode scientifique trois siècles avant qu'elle n'existe. Eco invente un Sherlock Holmes en robe de bure, prouvant que la raison est la plus dangereuse des hérésies.

Le labyrinthe du savoir

La bibliothèque de l'abbaye est un dédale conçu pour égarer les curieux. Eco en fait la métaphore parfaite d'un monde où la connaissance existe mais reste verrouillée par ceux qui ont intérêt à la cacher.

Les idées qui restent

Le livre empoisonné

Pour lire le manuscrit interdit, il faut tourner les pages en les humectant du doigt. Le poison entre par la peau. L'idée la plus brillante du roman : un livre qui tue littéralement ceux qui le lisent.

L'incendie de la bibliothèque

Jorge met le feu aux manuscrits plutôt que de les laisser au monde. Des siècles de savoir partent en fumée — une image déchirante de ce que le fanatisme fait à la culture.

« Stat rosa pristina nomine »

« La rose d'antan n'existe plus que par son nom. » La dernière phrase du roman, un vers mystérieux qui dit que des choses disparues, il ne reste que les mots — et que les mots suffisent.