Le Roi Lear

William Shakespeare

Année de publication : 1606

Un vieux roi décide de partager son royaume entre ses trois filles en échange de déclarations d'amour. Celle qui l'aime le plus refuse de jouer le jeu. Ce qui suit est la plus cruelle descente aux enfers de toute la littérature.

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Tu veux un texte qui explore le pouvoir, la vieillesse et l'ingratitude avec une violence émotionnelle rare, ou si tu cherches du Shakespeare à l'état brut, sans compromis.

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Tu as du mal avec le théâtre en vers et le langage élisabéthain, même traduit. Ou si tu préfères les tragédies où une lueur d'espoir subsiste — ici, Shakespeare n'en laisse aucune.

79 Le Roi Lear

De quoi ça parle ?

Le roi Lear, vieillissant, décide d'abdiquer et de diviser son royaume entre ses trois filles. Goneril et Régane rivalisent de flatteries pour obtenir leur part. Cordélia, la cadette et sa préférée, refuse de transformer son amour en spectacle : « Je vous aime selon mon devoir, ni plus ni moins. » Furieux, Lear la déshérite et la bannit. Livré à la merci de ses deux aînées, il découvre leur cruauté : elles le dépouillent de sa suite, de sa dignité, et finissent par le jeter dehors dans la tempête. Errant dans la lande, à moitié fou, accompagné de son Fou lucide et du fidèle Kent déguisé, Lear comprend trop tard la valeur de ce qu'il a rejeté. Cordélia revient avec une armée pour le sauver, mais Shakespeare refuse la consolation : elle meurt, et Lear meurt de chagrin en la tenant dans ses bras.

Pourquoi le lire ?

Le pouvoir qui aveugle

Lear confond amour et flatterie, loyauté et soumission. Shakespeare montre qu'un homme habitué au pouvoir absolu perd la capacité de distinguer la vérité du mensonge.

La folie comme lucidité

C'est en devenant fou que Lear voit enfin le monde tel qu'il est. La tempête extérieure reflète son effondrement intérieur, et dans le chaos, il découvre l'empathie pour la première fois.

L'absence de justice

Shakespeare refuse toute récompense morale. Les bons meurent avec les méchants, et la vertu de Cordélia ne la sauve pas. C'est cette cruauté qui rend la pièce insoutenable — et inoubliable.

Les idées qui restent

La tempête sur la lande

Lear hurle contre les éléments, défiant le ciel de le détruire. Scène mythique où un roi déchu se mesure à la nature elle-même, nu et impuissant face à l'indifférence du monde.

Le Fou de Lear

Le seul personnage qui dit la vérité au roi, protégé par son statut de bouffon. Ses répliques cinglantes sont les plus lucides de la pièce — et il disparaît sans explication, comme la raison elle-même.

« Howl, howl, howl, howl! »

Le cri de Lear portant le corps de Cordélia morte. Quatre hurlements qui brisent le langage. Shakespeare atteint ici un point où les mots ne suffisent plus — il ne reste que la douleur pure.