Les Fleurs du mal

Charles Baudelaire

Année de publication : 1857

Un recueil de poèmes qui a fait scandale, valu un procès à son auteur, et changé la poésie pour toujours. Baudelaire trouve la beauté là où personne ne la cherche : dans la laideur, le vice et le désespoir.

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Tu cherches des textes qui transforment la mélancolie en art, ou si tu veux comprendre pourquoi la poésie moderne existe sous cette forme.

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Tu n'accroches pas à la poésie en vers, ou si tu préfères les textes lumineux et optimistes. Baudelaire descend dans les ténèbres — magnifiquement, mais résolument.

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De quoi ça parle ?

Publié en 1857 et immédiatement poursuivi pour « outrage à la morale publique », le recueil suit une architecture précise : de l'Idéal au Spleen, de la révolte contre Dieu à la fascination pour la mort. Baudelaire y explore la condition de l'artiste dans un monde bourgeois, les paradis artificiels de l'alcool et du haschich, l'amour charnel et spirituel, l'ennui existentiel et la beauté trouvée dans la ville moderne, la décomposition et le péché. Six poèmes furent censurés au procès. Le recueil fut condamné. Il est devenu le livre fondateur de la poésie moderne.

Pourquoi le lire ?

La beauté dans la laideur

Baudelaire est le premier à trouver de la poésie dans une charogne en décomposition, dans les ruelles sombres de Paris, dans le vice. Il ouvre un territoire immense à la littérature.

Le Spleen comme lucidité

L'ennui baudelairien n'est pas la paresse : c'est la conscience aiguë de la finitude, du temps qui passe, d'un monde qui ne tient pas ses promesses. Une mélancolie intellectuelle.

L'alchimie poétique

Transformer la boue en or : Baudelaire fait de la souffrance, du péché et de la mort la matière première d'une beauté nouvelle. Le titre même — des fleurs nées du mal — résume ce programme.

Les idées qui restent

« L'Albatros »

Le poète est comparé à un grand oiseau majestueux en vol, mais ridicule et maladroit une fois posé sur le pont du navire. L'image définitive de l'artiste incompris par la foule.

« Correspondances »

Le poème-manifeste du symbolisme : les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Baudelaire pose les bases d'une poésie qui cherche les liens cachés entre les choses.

« L'invitation au voyage »

« Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » Un rêve d'ailleurs idéal qui n'existe nulle part — la quintessence du désir baudelairien.