Madame Bovary
Année de publication : 1857
Une femme rêve de passion et de luxe dans un village normand où il ne se passe rien. Elle cherchera l'amour ailleurs, dépensera sans compter, et découvrira que la réalité ne ressemble jamais aux romans.
Tu t'intéresses à la psychologie des personnages et au décalage entre nos attentes romantiques et la banalité du quotidien. Ou si tu veux lire de la prose parfaite, mot par mot.
Tu as besoin d'aimer le personnage principal. Emma Bovary est fascinante mais pas sympathique, et ses choix peuvent être exaspérants — c'est d'ailleurs tout l'intérêt.
De quoi ça parle ?
Emma Rouault, fille de fermier éduquée au couvent, épouse Charles Bovary, un médecin de campagne aimant mais profondément ennuyeux. Élevée aux romans sentimentaux, elle rêve de bals, de passion et de Paris. La réalité de Yonville-l'Abbaye l'étouffe. Elle se lance dans deux liaisons — avec Rodolphe, un séducteur cynique, puis Léon, un clerc timide — et dans des dépenses extravagantes qui la mènent à la ruine. Quand ses amants l'abandonnent et que les créanciers ferment le piège, Emma choisit la seule sortie qu'elle trouve : l'arsenic.
Pourquoi le lire ?
Le bovarysme
Le roman a donné un mot au dictionnaire : la tendance à se concevoir autrement qu'on est, à vivre dans un monde imaginaire. Un mal qui n'a rien perdu de son actualité à l'ère des réseaux sociaux.
La perfection de la prose
Flaubert passait des jours sur une seule phrase. Chaque mot est pesé, chaque virgule est voulue. C'est une leçon d'écriture à chaque page.
Le piège des illusions
Emma n'est pas détruite par la société ou par les hommes, mais par l'écart entre ce qu'elle imagine et ce qui existe vraiment. Le danger de confondre fiction et réalité.
Les idées qui restent
Le bal de la Vaubyessard
Une seule soirée dans un château aristocratique empoisonne la vie entière d'Emma. Elle a goûté à un monde qui ne sera jamais le sien, et ne pourra plus supporter le sien.
« Madame Bovary, c'est moi »
La phrase (peut-être apocryphe) de Flaubert. L'auteur reconnaît que le bovarysme — rêver d'une autre vie — est universel. Nous sommes tous un peu Emma.
L'aveugle sur la route
Un mendiant défiguré dont la chanson poursuit Emma comme un présage. Flaubert utilise ce personnage comme un miroir grotesque de la déchéance qui attend son héroïne.